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1er mai 2017 – Rejoins le bloc révolutionnaire!

Le Capitalisme produit les famines, les guerres et le fascisme. C’est un système qui est basé sur l’injustice et les privilèges, un système assassin qui détruit la planète. Le Capitalisme n’est pas en crise, il est la crise.

Alors que la social-démocratie a prouvé son inéfficacité, le néo-liberalisme veut continuer à nous vendre son cauchemar et le fascisme veut se poser en alternative.

C’est à nous, les exploitéEs et les oppriméeEs, de trouver des perspectives révolutionnaires, de créér, de lutter pour le pouvoir populaire.

La seule façon de faire barrage à la crise, et à la montée de la droite dure et de ses idées, c’est de se rassembler pour (re)construire un socialisme anti-autoritaire. Pour un socialisme de la base par la base, contre tous les bureaucrates, les politiciens, les syndicats-jaunes et tous ces connards qui prennent des décisions à notre place.

Le capitalisme, le fascisme et la crise ne se combattent pas dans les urnes. L’auto-organisation, la solidarité internationale, les grèves et le sabotage ont toujours été les armes des oppriméEs. La lutte pour la révolution sociale est la seule alternative face ce système de domination et d’exploitation, et le seul barrage à opposer à une extrême-droite en pleine effervescence.

Historiquement le 1er mai est un jour de lutte et non la « fête du travail ». C’est grace aux martyrs de Chicago, aux grèves sauvages et aux émeutes que le vieux mouvement ouvrier a su arracher au Capitalisme les acquis qu’aujourd’hui ce dernier veut nous reprendre. Rendons-leur hommage: la rage au coeur, la lutte continue!

Aujourd’hui plus que jamais, Socialisme ou Barbarie!
Réseau d’Agitation Genève

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[Genève] 250 personnes dans la rue pour la libération de Nekane !

Aujourd’hui, jeudi 6 avril, journée internationale d’actions pour Nekane, nous étions 250 à manifester dans les rues de Genève, entre la Place Neuve et les Grottes, pour exprimer notre solidarité inconditionnelle avec Nekane et tout.e.s les autres prisonnièr.e.s.

Nekane est une militante féministe basque emprisonnée à Zurich depuis le 6 avril 2016, accusée par le gouvernement espagnol d’avoir collaboré avec l’ETA. Nekane risque d’être renvoyée en Espagne pour purger la peine de trois ans et neuf mois à laquelle elle a été condamnée, alors que ses aveux ont été obtenus sous la torture. Il est inadmissible que le gouvernement Suisse collabore avec l’Etat espagnol pour extrader Nekane et refuse de lui accorder le statut de réfugiée politique.

C’est sous le bruit de nos chants que nous avons battu le pavé, banderoles et pancartes à la main dans une ambiance joyeuse et revendicative malgré la présence massive de policiers anti-émeutes et de la BRIC (Brigade de recherche et d’îlotage communautaire), la police politique.

Nous garderons notre détermination tant que Nekane ne sera pas libérée !

Des manifestations similaires ont eut lieu à Zurich, Berne, Lucerne, Berlin, Asteasu et Bilbao.

Article de renverse.co

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[Genève] Marche pour Nekane le 6 avril !

Appel genevois pour la journée internationale d’actions pour Nekane

Nekane Txapartegi est une militante féministe basque accusée par le gouvernement espagnol d’avoir collaboré avec l’ETA : elle aurait fourni des faux passeports et participé à une rencontre « non-autorisée » à Paris avec des militantEs de l’organisation basque. En 1999, Nekane est arrêtée au Pays basque espagnol. Durant cinq jours, elle sera détenue à l’isolement, torturée et violée par des agents de la Guardia civil, la police militaire espagnole.

En 2008, elle est condamnée à 6 ans et 9 mois de prison. La condamnation se fonde presque exclusivement sur les « aveux » que Nekane aurait exprimés sous la torture, ce qui ne semble guère poser problème au Tribunal. Avant de connaître le jugement, Nekane a pris la fuite et depuis 6 ans, elle habite à Zürich où elle a continué à vivre sa vie, accompagnée de sa fille.

Le 6 avril 2016, Nekane Txapartegi a été arrêtée à Zurich par la police suisse suite à une demande d’extradition de l’Espagne. Depuis, elle est en détention. Le vendredi le 24 mars, la Confédération a annoncé que l’Office fédéral de la justice a autorisé l’extradition de Nekane vers l’Etat tortionnaire de l’Espagne. De plus, la demande d’asile a été refusée par le Secrétariat d’Etat aux migrations. Des recours contre les deux décisions sont lancés.

Nekane reste forte et lutte. Pour l’anniversaire de sa détention, faisons monter la pression sur la justice suisse ! Solidaires contre la torture et les violence sexuelles ! Montrons notre désaccord sur cette scandaleuse décision de première instance !

Rendez-vous jeudi 6 avril 18h à Place Neuve pour une marche bruyante et visible !

Amenez des banderoles ! Amenez vos casseroles !

NON A L’EXTRADITION ! LIBERTE POUR NEKANE !

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18/03/17 Berne Infos

En raison de l’annulation du rassemblement « Nous sommes la démocratie directe », un programme alternatif aura lieu.

L’Info Point  prévu au Rössli de 8h à 12h est annulé. Pour célébrer la victoire, un festival aura lieu à partir de 12h dans la cour de la Reitschule, avec discussions,  de la danse,  de la nourriture, des jeux et de l’artisanat.

La présence policière restera importante malgré l’annulation. Nous vous recommandons de ne pas transporter de substances ou d’objets illégaux sur vous et  de prendre des détours. Évitez les vêtements flashy. Il faut également prévoir que malgré l’annulation certains éléments nationalistes seront en ville.

A ne pas oublier: la haine de droite doit être arrêtée à Zurich le dimanche 19.3. Rendez-vous à 13h00 Bürkliplatz.

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Annulation de la manifestation nationaliste à Berne et suite de la mobilisation

La manifestation prévue le 18 mars à Berne par une coalition de groupes fascistes et racistes a officiellement été annulée.

Malgré le fait que de nombreux membres de l’UDC aient été à l’initiative de cette manifestation, l’UDC avait finalement préféré prendre ses distances. La présence annoncée de Dominic Lüthard président du PNOS (Partei National Orientierter Schweizer/parti néo-nazi suisse allemand) et le fait que ne nombreux groupuscules néo-fascistes de toute la suisse se mobilisaient, ont clairement donné l’impression que l’UDC s’est fait dépasser par sa droite.

Ce qui devait être un rassemblement de « citoyens bourgeois conservateurs respectables » s’est vite transformé en un rendez-vous de néo-nazis.

La manifestation a donc été annulée par crainte de débordements  et par peur pour la sécurité des participants.

Plus d’infos sur le déroulement de la journée du 18 mars à suivre!

3:o pour les antifas

Danke antifa! Décidement la ville de Berne n’est pas un bon endroit pour les manifestations d’extrême-droite! Il suffit de voir ces dernières années:

2007 – La manifestation de l’UDC vire à la catastrophe et est annulée par manque de sécurité.

2014 – La manifestation « Contre la justice laxiste » lancée par une coalition de groupuscules néo-fascistes est annulée par crainte d’affrontements.

2017 – La manifestion du « Comité Citoyen Foyer Suisse » est également annulée par crainte d’affrontements.

Pas de place pour les racistes, les fascistes et l’UDC, à Berne comme ailleurs!

La mobilisation continue! Tous et toutes à Zurich et à Paris!

Nous restons mobiliséEs et nous appelons à aller grossir les rangs de deux mobilisations qui auront lieu le dimanche 19 mars.

A Zurich, la section zurichoise de l’UDC fête ses 100 ans, un appel à gâcher leur anniversaire à été lancé par l’organisation Réconstruction Révolutionnaire.

Rendez-vous à l’arrêt de tram Bürkliplatz à 13h

Plus d’infos sur: aufbau.org

A Paris, les familles des victimes de violences policières appellent à une marche pour la justice et la dignité. Contre le racisme, les violences policières, la hogra et la chasse aux migrants.

Rejoignez le cortège antifasciste!

14h – Nation – République

RAGE – Réseau d’Agitation Genève – Réseau Antifasciste

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18/03/17 BLOQUONS BERNE!

Le « Comité Citoyen Foyer Suisse » prévoit de manifester sur  la place Fédérale pour la « démocratie directe » et la stricte application de l’Initiative de l’immigration de masse le 18 Mars 2017.

A la tête du comité d’organisation se trouve Nils Fiechter (Jeunes UDC) qui s’est fait remarquer dernièrement par ses propos sur les victimes de violences sexuelles et qui alimente le débat sur la burqa avec des représentations racistes.

L’événement est relayé par toute l’extrême-droite suisse accompagnée du slogan « Nous sommes le peuple ».

Il y a 10 ans, en 2007, l’UDC avait déjà essayé de marcher sur Berne pendant sa campagne des moutons noirs. L’UDC avait été obligée d’annuler sa manifestation car la police ne pouvait plus assurer sa sécurité à cause des blocages et des contre-manifestations en ville. Malgré une très forte présence policière, 7’000 sympathisants UDC et plus de 300 néo-nazis, les blocages et les contre-manifestations ont permis d’empêcher l’extrême-droite de marcher dans les rues de Berne.

Alors que le populisme de droite et le nationalisme gagnent du terrain partout et au quotidien, il devient de plus en plus urgent de proposer des alternatives à la social-démocratie et au néo-liberalisme. Organisons nous depuis nos quartiers avec les gens qui partagent notre quotidien et notre condition afin de construire une société plus juste et solidaire! Pour un changement par le bas, contre les inégalités sociales et toutes les formes d’oppressions.

Retrouvons-nous à Berne le 18 mars pour stopper l’UDC, les nationalistes et les racistes de tout poil!

WELCOME BACK TO HELL!

MAKE RACISTS AFRAID AGAIN!

LET’S BLOCK BERN!

Plus d’informations à suivre sur:

rechtehetzestoppen.blackblogs.org

renverse.co

rage.noblogs.org

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[Berne] Manifestation anti-raciste 04/02/17

4 février 2017 14h Waisenhausplatz Berne 

Manifestation organisée par Droit de Rester – Appel

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Communiqué suite à la manifestation anti-Erdogan de jeudi soir

Suite à la manifestation de hier midi sur la place des nations, une centaine de personnes se sont réunies hier soir pour dénoncer la venue d’Erdogan à Genève.

L’Etat suisse a montré à de nombreuses reprises ces derniers jours qu’il avait à cœur de préserver la tranquillité du dictateur sur son territoire. Un dispositif policier démesuré a été mis en place, notamment en appelant en renfort les policiers anti-émeute des cantons de Vaud, Neuchâtel, Valais, Fribourg et du Jura. Le coût d’un tel dispositif reste inconnu, mais il est sûr qu’il démontre bien qu’il n’y a pas d’austérité quand on souhaite museler la liberté d’expression.

Cette balade, bien plus qu’une « manifestation dangereuse », s’est plutôt résumée à une chasse aux manifestantEs : une cinquantaine de personnes ont ainsi été poursuivies par une horde de policiers qui n’ont pas hésité à les tabasser. Le nombre de jeunes policiers inexpérimentés laisse à penser que l’occasion relevait autant de l’entrainement de jeunes recrues sur terrain réel que du simple maintien de l’ordre.

La façon dont se sont déroulées les interpellations a également démontré que la violence est une pratique systématique inhérente aux forces de l’ordre. Outre les habituelles insultes, menaces et humiliations, on recense au moins quatre personnes, dont une mineure, qui se sont fait passer à tabac, à terre et menottées. Erdogan sera probablement heureux de voir que la violence répressive n’a pas de frontières, et qu’ici (en Turquie) comme ailleurs, Etat et fascisme sont les deux faces d’une même médaille.

Les médias dominants reprennent sans esprit critique le communiqué de la police. Présenter les participantEs comme n’ayant aucun lien avec le rassemblement qui s’est tenu à midi sur la place des Nations est un mensonge qui a pour objectif d’opposer les bonNEs et les mauvaisEs militantEs. Un bon rassemblement statique et encerclé par la police, et une ballade qui tente de s’affranchir de ce cadre répressif démesuré. Les personnes interpellées étaient présentes aux deux manifestations car leur esprit de solidarité avec les peuples opprimés de Turquie et l’expression de leur révolte dépassent cette catégorisation absurde.

Le maintien de l’ordre en Europe a pour but de museler le mouvement en le maintenant dans le silence habituel des rassemblements devant le portail des Nations-Unies, encerclé par les forces du même état qui déroule le tapis rouge à Erdogan. La répression a comme objectif de dissuader les soutiens des mouvements anti-Erdogan de faire trop de bruit en dehors du cadre imposé par l’Etat. Tenter de protéger le calme et l’apathie du centre ville a pour effet de faire perdurer le statut quo politique sur la guerre que le tyran mène en Turquie et au Moyen-Orient. Maintenir l’ordre ici c’est assumer, et permettre que la guerre se poursuive là-bas.

Comité anti-Erdogan du 12 janvier.

Communiqué trouvé sur Renverse.co

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Manifestation Anti-WEF Berne 14/01/17

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[Valais] Un nouveau magazine ratisse du centre-gauche à l’extrême-droite

Article trouvé sur renverse.co

Issu d’un blog qui se présente comme « critique et libertaire », le magazine 1Dex Mag recrute certains de ses rédacteurs parmi la droite réactionnaire et jusque dans les milieux fascistes valaisans. Cette alliance qui peut sembler a priori paradoxale se comprend mieux lorsqu’on sait que depuis 5 ans, ce blog contribue à alimenter la peur irrationnelle d’une invasion de l’Europe par l’islam, et à renforcer ainsi un racisme anti-musulmans qui s’exprime d’une manière toujours plus violente et déshinibée dans les milieux politiques et médiatiques. Au moment où cet article était en cours de rédaction, la presse romande a révélé que le gouvernement valaisan a recouru à un consultant externe connu pour ses propos néo-nazis. Les deux affaires ne sont pas sans lien entre elles.

Ce 1er décembre, un nouveau magazine a fait son apparition en Valais : 1Dex Mag

Présentée en conférence de presse, sa sortie a été largement couverte par les journaux et les radios du canton.

Ce magazine imprimé reprend le nom du blog 1dex.ch qui a été lancé en 2011 sous ce slogan : « Pour un Valais critique et libertaire ». S’il n’a jamais été possible de comprendre ce que ses initiateurs ont voulu dire par ce second adjectif, l’ambition critique du blog est quant à elle plus évidente : on y trouve un traitement de l’information locale qui diffère souvent de celui qu’assène jour après jour le quotidien unique Le Nouvelliste, notamment à propos des affaires politico-financières qui secouent le canton (Giroud, Verbier, etc.). En cela, l’1Dex a insufflé une bouffée d’air frais en Valais.

Depuis 5 ans, le plumitif en chef de ce blog est un élu socialiste, l’avocat Stéphane Riand, qui s’évertue à traiter les magouilles de l’oligarchie au pouvoir avec une énergie et une détermination qui lui ont valu d’être boudé par les médias valaisans. Il y aurait eu là de quoi attirer une certaine sympathie, si ce monsieur ne faisait preuve une incontinence verbale et d’une infatuation qui rendent son propos souvent inintelligible et imperméable à toute critique (les réponses aux objections se résument la plupart du temps à « Lisez tout ce que j’ai déjà écrit ! » ou « Lisez ce que je vais écrire demain ! »). La critique est de plus desservie par une tendance à la répétition à l’infini des mêmes lamentations sur la fin d’un supposé « Etat de droit », dont le blog déplore un jour qu’il a disparu, pour demander le lendemain naïvement sa sauvegarde inconditionnelle.

Grâce à l’1Dex, le Valais « est Charlie »

Le principal problème du blog ne réside cependant pas dans la personnalité de son principal fondateur, par ailleurs adulé par un petit cercle d’admirateurs qui lui donnent volontiers du « Maître ». On y trouve tout et n’importe quoi, allant du meilleur au pire en passant par une bonne dose d’articles insignifiants, avec en majeure partie des textes pompés intégralement d’autres sites web sans aucune indication du lien d’origine. Depuis janvier 2015, la tendance des articles publiés a sensiblement évolué vers une posture de type charliste [1] et laïciste à la française, cédant aux sirènes de l’islamophobie ambiante. A côté de certaines analyses à contre-courant [2] des attentats de Paris et du climat idéologique qui a suivi, on trouve des textes nauséabonds et paranoïaques qui crient à l’invasion de l’Europe par l’islam et en appellent à défendre la « civilisation » contre la « barbarie » [3]. Les immigrés musulmans sont souvent présentés comme des envahisseurs [4] qui menacent « nos valeurs » [5], « nos femmes » [6], « notre Etat de droit » [7], l’1Dex oubliant dans sa paranoïa que ce sont des armées européennes qui envahissent des pays musulmans et non le contraire.

Cette posture néo-civilisatrice semble séduire entre autres un vieil anarchiste valaisan, Narcisse Praz, qui quand il s’agit de l’islam ne parvient pas à faire la différence entre des croyants et des terroristes en puissance, et confond blasphème avec humiliation raciste [8]. Après avoir traité les féministes genevoises de mal baisées dans les années 1970 dans ses journaux La Pilule et Le Crétin des Alpes, et après avoir assimilé les homosexuels à des pédophiles ces dernières années, il entreprend aujourd’hui d’expliquer à des femmes du Valais comment elles doivent s’habiller et comment elles doivent se libérer. Se sentant dans l’1Dex comme un poisson dans l’eau, et se réfugiant derrière son droit à critiquer toutes les religions, ce libertaire admirateur de Caroline Fourest [9] tient à peu de choses près le même discours que ceux qui défendent l’adoption d’une loi humiliante imposant des manières de se vêtir. Cela n’empêche pas de lire parfois sur le même blog des plaidoyers intéressants [10] contre cette même initiative populaire valaisanne lancée par l’UDC contre le port du « voile » à l’école, mais il demeure que la ligne générale du blog s’est fait sentir de plus en plus clairement. Il y a six mois encore, son rédacteur en maître s’émerveillait devant un éditorial islamophobe de Charlie Hebdo aux relents fascistes et à la teneur franchement conspirationniste [11] (« Qu’est-ce que je fous là ? », 30 mars 2016).

Confusionnisme à la sauce valaisanne

La dénonciation explicite du fascisme semble convaincre l’1Dex essentiellement lorsqu’il est attribué aux islamistes. Sur la masse d’articles publiés depuis 5 ans, on peine à trouver des dénonciations de la persécution étatique et policière des réfugiés en Valais. En revanche on pouvait y lire voici quelques semaines un éloge inconditionnel de la candidature d’un flic au Conseil d’Etat [12], ainsi qu’un article défendant la nouvelle Loi sur le renseignement [13]. Les affaires politiques à scandale, qui y sont dénoncées avec véhémence, donnent lieu à des appels aussi incessants que vains à la vertu politicienne, ce qui séduit plusieurs commentateurs aux thèses clairement soraliennes qui trouvent facilement leur compte dans cette rhétorique du « tous pourris » du moment qu’ils peuvent continuer d’y déverser leur bile sur les immigrés.

Certes, on peut lire régulièrement sur l’1Dex un discours clairement anti-UDC, mais il est permis de douter de la sincérité et de la durabilité de cette ligne éditoriale du moment qu’un certain Slobodan Despot y intervient comme rédacteur invité [14]. Ce dernier, proche des thèses du mouvement d’extrême-droite Egalité et Réconciliation, n’est autre que le conseiller en communication d’Oskar Freysinger, le ministre UDC et sympathisant néo-nazi qui dirige le Département de la formation et de la sécurité. Par ailleurs, on peut noter que la compagne de Despot, intime du couple Freysinger, est la secrétaire d’administration de l’1Dex.

Si on ajoute à cela quelques articles récents repris par l’1Dex de l’intellectuel français Robert Chaudenson, qui défendent les bienfaits de la peine de mort [15] et le droit d’appeler un « nègre » un « nègre » [16], on doit constater que le blog « critique et libertaire » valaisan a largement endossé la posture réactionnaire qui consiste à pourfendre le soi-disant « politiquement correct », ce qui l’apparente, bien qu’en partie seulement, à certains sites d’extrême-droite tels que lesobservateurs.ch.

Un ancien rédacteur des Observateurs, le politicien PDC très nationaliste et hétéro Yannick Buttet, figure d’ailleurs parmi les rédacteurs invités du nouveau magazine 1Dex Mag, aux côtés de Slobodan Despot, de politiciens écologistes et socialistes, ainsi que de personnalités du monde culturel et viticole valaisan. Dans une inquiétante ambiance de « fin des idéologies » à l’échelle valaisanne, cette grande synthèse confusionniste semble avoir pour but de placer le nouveau magazine sous le signe de la respectabilité médiatique, stratégie qui au vu de la conférence de presse semble avoir fonctionné. En retour, puisque dans ce monde-là tout se rend, l’1Dex Mag contribue déjà à donner un surcroît de respectabilité à des personnages et à des idées d’extrême-droite, même si c’est à son corps défendant.

Si politiquement, Despot et Riand se situent sur des positions très différentes, il reste que l’un et l’autre contribuent à leur manière à alimenter l’islamophobie ambiante, qu’elle se déploie sous la bannière de l’UDC ou du parti socialiste. Il est d’une parfaite mauvaise foi de brandir, comme le fait Stéphane Riand, l’argument selon lequel l’espace réservé à Despot dans l’1Dex Mag serait cantonné à la seule rubrique littéraire, car il suffit de lire attentivement les textes de Despot pour voir qu’ils sont habilement construits pour faire passer des idées qui n’ont rien d’exclusivement esthétiques.

A l’avenir, pourra-t-on encore lire dans l’1Dex un article tel que celui-ci, qui dénonce les liens qui existent entre l’un de ses rédacteurs, un ministre et les milieux défendant les idées les plus révoltantes qui soient ? : Les si belles fréquentations de l’UDC Valais

Le nazillon, l’écrivain et le survivaliste

Hasard du calendrier, deux jours avant cette conférence de presse, une autre conférence de presse réunissait le ministre Freysinger, son conseiller Despot et l’homme d’affaires Piero San Giorgio, pour parler des « risques » que devra affronter le Valais ces prochaines années et décennies. Fortement imprégné des thèses survivalistes et fascistes, et proche d’Egalité et Réconciliation, San Giorgio a été engagé par le gouvernement valaisan comme consultant externe pour assurer les citoyens de l’imminence de la catastrophe et de la nécessité de mobiliser.

Une fois encore, dans un canton qui étouffe sous le conformisme et l’affairisme, il a fallu une intervention extérieure de la presse romande pour rendre la chose publique et pour que ce consultant soit limogé. Sur la base de ces révélations tirées d’une vidéo en ligne dans laquelle s’expriment San Giorgio et Daniel Conversano, certains des propos qu’il a tenus sur les malades et les handicapés ont été considérés à juste titre comme « nazis » par une membre socialiste du gouvernement valaisan. Pourtant, l’énergie que mettent San Giorgio, Freysinger et Despot à faire croire aux Valaisans que les principaux risques qu’ils encourent auraient d’autres noms que le fascisme et le capitalisme n’a rien d’original et n’est pas l’apanage de la droite politicienne.

L’un des principaux dangers désignés par le consultant sont les migrants, présentés comme des envahisseurs face auxquels il faut se défendre militairement. Cela non plus n’a rien d’original : l’armée suisse elle-même avait organisé l’année dernière un exercice baptisé « Conex 15 » qui prévoyait un tel scénario. Tuer les migrants en masses est déjà pour la Suisse un registre d’action militaire acceptable en dehors de ses frontières, puisqu’elle participe à l’agence Frontex (récemment renommée « Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes ») qui assure cette mission en Méditerranée pour éviter que les migrants n’arrivent jusque dans ce pays. A force de présenter les musulmans comme des barbares dont la raison d’être est d’en attenter à « notre » civilisation, on prépare les conditions d’une telle politique fasciste à l’intérieur même de nos frontières, où les migrants sont déjà enfermés dans des camps et persécutés par la police pour la seule faute d’avoir cherché à fuir la misère et les guerres. En Valais, le ministre de la formation et de la sécurité se plait à ajouter à cette persécution ordinaire sa touche de cruauté personnelle, lui qui par sa double casquette ministérielle a pu appeler le corps enseignant à la délation des écoliers sans papiers, et qui récemment vient de donner pour réponse aux migrants incarcérés qui revendiquent des conditions de détention salubres : « La prison, ce n’est pas le Club Med, que je sache ».

Le déni du racisme et de l’islamophobie

Le plus inquiétant dans cette affaire de consultant externe, ce n’est pas tant l’engagement d’un néo-nazi par un gouvernement valaisan qui en compte déjà un sympathisant dans ses rangs, que le fait que les propos que tient ce personnage sont d’ores et déjà en relative adéquation avec la politique répressive menée par la Suisse et le Valais à l’encontre des migrants non-Blancs. L’autre point très préoccupant est que l’indignation médiatique et politicienne suscitée par la vidéo se fonde presque exclusivement sur certains extraits dans lesquels le businessman San Giorgio plaide l’eugénisme à l’encontre des « Européens » que le capitalisme a fragilisés à l’extrême, notamment les malades et les handicapés. Le fait que dans le même passage de cette vidéo on peut entendre les deux protagonistes défendre une solution qui consiste à tirer à la mitraillette sur des boat people qui traversent la Méditerrannée n’a par contre pas ému les commentateurs.

Le Nouvelliste par exemple, qui avait pourtant sous la main la transcription intégrale du passage en question, a sciemment choisi de n’en tirer que l’extrait où ce sont les « Européens » qui sont visés, et n’a pas jugé bon de citer celui où San Giorgio se réjouit que des « bastonnades » commencent à avoir lieu en Suisse contre les migrants. Cette catégorie des « migrants » doit d’ailleurs être immédiatement précisée, car il découle clairement du visionnement de la vidéo que c’est l’immigration des Noirs et les Arabes qui est prioritairement visée au titre des « risques » soi-disant encourus par les « Européens », et qui est rendue responsable de tous les maux causés par un capitalisme de plus en plus destructeur. A lecture du quotidien, on apprend sobrement que ce survivaliste défend « une vision très sombre de l’avenir », alors qu’il s’agit d’une justification extrêmement brutale et à peine anticipée d’un fascisme qui est notre présent et qui est le résultat de politiques étatiques défendues à droite comme à gauche. Le ministre Freysinger y voit pour sa part un propos « plutôt ambigu ». Cette lecture sélective de la part des médias et des politiciens valaisans en dit long sur le refus de voir et de nommer le racisme, et l’islamophobie en particulier, et donc sur leur complicité avec des propos qui ont pour fonction de créer les conditions idéologiques d’un pogrom contre certaines populations migrantes déjà érigées en boucs émissaires.

Ce déni du racisme et de l’islamophobie, l’1Dex l’a poussé jusqu’à la perversité [17], en prétendant résumer le passage incriminé de cette vidéo tout en n’en citant qu’une seule phrase, laquelle a de plus été tronquée pour en inverser totalement le sens : la formule essentialiste et aryenne utilisée par San Giorgio, « l’Européen », a été remplacée sous la plume de Riand par « les êtres humains », transformant ainsi un postulat néo-nazi en un plaidoyer humaniste. Pendant ce temps, le conseiller en communication qui est responsable de la présence de ce consultant externe à la conférence de presse qui s’est tenue sous l’égide de l’Etat du Valais continue d’être rédacteur invité du blog 1Dex et du nouveau magazine du même nom.

Pour terminer sur une note plus optimiste, voici un lien qui montre que la mobilisation contre le racisme anti-musulmans s’organise en Valais aussi :

Collectif VIVE – Valaisan-ne-s contre l’interdiction du port du voile à l’école

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